mais presque
Pas mal de gens qui bougent. J’aime la jeune fille un peu ailleurs, habillée d’un chemisier rouge en manches à froufrou. Elle a ses courses à ses pieds : de l’eau minérale, des céréales, des yaourts. Elle lit Elle, ses ongles sont peints en rose. Elle a les chaussures noires fermées à talon qui distinguent toutes les femmes de ce train. Elle m’est sympathique.
A côté, un couple raconte comment ils se sont endormis au dernier film de Chabrol. “Pas un navet, mais presque.” Il ne s’y passe rien, le meurtre n’est pas élucidé, on discute du passé des personnages. Elle, rien ne l’a vraiment fait rire, donc elle n’est pas entrée dedans.
Pauvre Chabrol. Ils m’ont vraiment décidé à aller le voir. Je n’avais pas remarqué qu’il y avait un film de Chabrol en salle.
J’ai vraiment droit à une séance de critique cinématographique de contenu. D’autres films, un panorama. Quelques allusions en passant à la PNL, ils doivent suivre des cours.
Le train du vendredi est un train particulier, souvent désagréable, parfois même oppressant.
Ils sont descendus. Je me retrouve presque seul avec la jeune fille en rouge. Voilà qui est plus agréable et reposant. Elle a des petites breloques au bras. Tout est calme et le soleil se couche.
J’adore cette façon de balayer les imperfections sur sa veste, par des petits mouvements de la main, vifs et négligents.