La vérité sur Onan
Onan, voyant la femme de son frère aîné, et sachant que les enfants qui naîtraient d’elle ne seraient pas à lui, empêchait par une action exécrable qu’elle devînt mère, de peur que ses enfants ne portassent le nom de son frère.
C’est pourquoi le Seigneur le frappa de mort, parce qu’il faisait une chose détestable.
Genèse, 38 :9,10
On se demande comment les nobles lecteurs de la Sainte Bible, traduite par Louis-Isaac Lemaître de Sacy et les écrivains théologiens de Port-Royal entre 1657 et 1696 (traduction considérée par Stendhal comme la perfection du français) pouvaient savoir exactement comment l’antipathique et éphémère Onan frustrait sa belle-sœur de quelques insupportables moutards, et s’il leur était impossible de savoir, comment pouvaient-ils prendre conscience que, lorsqu’ils laissaient tomber leur semence à terre, ils risquaient – pour ainsi dire à tout moment – de périr sous la foudre divine ?
Produit d’un siècle plus émancipé (?), Louis Segond ose nous le révéler : l’abominable Onan se branlait, tout simplement.