Selon Charlie
Selon Charlie, de Nicole Garcia, un film mosaïque dans la lignée de ces longs métrages où les trajectoires parallèles se croisent, ou pas. Altman, Sautet, les comparaisons ont déjà été faites, éventuellement Crash tenait sur le même procédé narratif.
Ce qu’il y a de vraiment réussi dans Selon Charlie, c’est l’attention que le film nous permet de développer sur les petits détails : les extrêmes bords de l’écran, à gauche ou à droite, les couleurs, les morceaux d’objets qui dépassent du cadre, les formes floues, fugaces, qui attirent le regard et hypnotisent, endorment la conscience à la longue.
Selon Charlie nous rend également attentif aux lumières ténues extérieures au cadre, notamment le petit signe de sortie de secours, blafard, inamovible, dont tous les détails deviennent alternativement intéressants et ennuyeux. Les lettres Défense de Fumer, en-dessous de l’écran, rendues parfois visibles par la clarté des images projetées, permettent également de bons moments de réflexion.
En résumé, allez voir Selon Charlie si vous avez des problèmes avec votre attention quotidienne aux objets qui vous entourent, et votre inscription dans la réalité tangible.