Everyday Life Project

| 14.01.2007

En effet, le lien est clair…

http://www.ump.fr/

Paris by UMP

Pendant que dans les rues presque désertes du XIXe, les éboueurs de Veolia, l’entreprise à laquelle la ville de Paris soutraite le ramassage d’ordures, courent sans relâche pour traîner les poubelles, j’ai pris comme souvent la direction du parc Georges Brassens, où le marché du livre réunit chaque weekend - je l’ai déjà dit - un certain nombre de libraires d’occasion. Un jour de ciel totalement dégagé, c’est rare à Paris, et cela n’a pas duré.
Un petit miracle : dans les piles de Bibliothèque Verte, un titre de Philippe Ebly. C’est la première fois que j’en trouve un en occasion. Ils sont épuisés chez Hachette, certains titres ont été réédités chez Degliame mais eux aussi épuisés (l’éditeur ayant malheureusement dû mettre la clé sous la porte). Donc pour l’instant, rien n’est disponible de cette excellent auteur.
J’ai apprécié Philippe Ebly depuis l’enfance, et c’est un des rares auteurs jeunesse que je lis encore. Son rythme est calme et empreint d’un suspense tranquille, son style est ramassé et précis, c’est un écrivain.
Il va être réédité, apparemment.

Afin d’aller sur les quai de Seine pour continuer la visite des bouquinistes, je suis descendu pour prendre le tram 3, nouvellement mis en service. Une ligne très agréable, et des voitures vraiment bondées. Le sont-elles en permanence ? En attendant l’arrivé du tram, je regardais passer les nombreux cars portant les logos de compagnies de transport de différents départements, et qui se suivaient dans un défilé constant, orchestré par les coups de sifflet d’agents de la circulation. Après un moment j’ai compris. C’est le sacre de Nicolas. Des cars pleins de gens bien sur eux, des cars portant parfois le sigle de l’UMP, parfois la photo en noir et blanc de Nicolas, en route vers le parc des expositions de la Porte de Versailles. Des cars de toute la France, le parc des Expositions de la Porte de Versailles, un coût de cinq millions, ai-je entendu quelque part… Après les bouquinistes des quais de Seine, je suis revenu chez moi, croisant les mêmes éboueurs qui couraient toujours.

| 05.01.2007

Des Huîtres

En vivant à Paris, comment puis-je ignorer l’existence des huîtres ? Entre les étals des poissonneries et la vente sur le boulevard des brasseries, la ville est parsemée de coquilles. Pour un suisse, et particulièrement un suisse originaire d’une région de montagnes, il y a une étrangeté, un exotisme surprenant chez ce mollusque. Tout y concourt: les sonorités du nom qui semblent évoquer des accents slaves, l’aspect de la coquille, qu’on s’attendrait à voir en montagne, ces formes de roc torturé contrastant avec le nacre de l’intérieur, et l’aspect laiteux de la chair. Une chair très complexe si on en croit les férus de dissection. Ils y trouvent un coeur.

Longtemps je me suis abstenu. Et au hasard de la fin de l’année, chez un poissonnier qui fermait pour le réveillon et proposait au passant de finir son stock d’huîtres ouvertes, j’en ai goûtées.
Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Il y a comme une frontière immense entre la nourriture de la montagne et celle de la mer, entre les fromages salés, le pain de seigle, la tomate, les fruits ou les pâtes alimentaires, et les fruits de mer.
Depuis j’en ai mangé quelques fois. Mais hier, passant devant le même poissonnier, je me suis arrêté. J’ai hésité. Je voulais en prendre mais il me semblait qu’il y avait comme quelque chose de vraiment étranger à moi dans le fait d’en prendre. J’ai fait quelques pas, j’ai regardé les poissons, je suis revenu vers les bourriches. Il m’a fallu du courage, comme un moment de lutte avec moi-même, et quand le poissonnier m’a posé la question, j’ai répondu “des huîtres”.
Ce moment était très étrange, comme si ces mots ne m’appartenaient pas, je répétais des mots que j’avais souvent entendus et dans ma bouche ils sonnaient vraiment comme un autre monde. C’était autentiquement étrange. Tout est resté ainsi: les gestes du vendeur qui en remplissait un bête sac en plastique, le citron jeté au milieu, et moi partant avec ce sac, un peu lourd, rentrant chez moi avec des huîtres. Des huîtres. C’était un peu la sensation de vivre dans le corps d’un autre pour un instant. Mettre ces huîtres dans le bac du frigidaire…

Il y a deux types d’huîtres : les creuses et les plates. Les plates sont plus rares et ne ressemblent pas du tout à des cailloux ou a des morceaux de corail, comme les creuses. L’huître creuse a apparemment été importée du Japon en 1970. Il y a des numéros : elles sont calibrées, de zéro à cinq. Plus le chiffre est élevé, plus l’huître est petite.

Il y a toutes ces pratiques, ces petites mythologiques autour de l’huître. La période de l’année, l’ouverture de l’huître, s’il faut la mâcher ou non…

Hier soir, donc, je suis ensuite allé acheter un couteau. Parce qu’ouvrir une huître, il paraît que c’est difficile, et tout le monde vous dira qu’en France les urgences sont débordées au réveillon. Il faut un couteau d’écailler. J’avais compris que ces couteaux ont une protection entre la lame et le manche. Près de chez moi, dans le quinzième, il s’est ouvert il y a quelques mois une boutique de produits de cuisine nommée Coin Cuisine. J’y suis passé bien tard, bien après dix-neuf heures, mais c’était encore ouvert, et le patron, au fond, dans ce qui ressemble fort à une cuisine et là où d’ailleurs il donne des cours de la discipline en question, ne nous avait pas entendu entrer, ma compagne et moi.

Lorsqu’il a compris que je n’avais encore de ma vie jamais ouvert d’huître (toujours ce mot, ce mot étrange), il est allé en chercher quelques unes dans son arrière boutique. C’est un ancien cuisinier, il a tout (une chambre froide avec des huîtres), il parle d’expérience. Il m’a tout montré. Nous étions là, au fond de sa boutique, lui nous expliquait sa façon de tenir le couteau, par où entrer, le nerf qu’il fallait couper, puis il la trempait dans l’eau. L’huître, dit-il, refait sept fois son eau. Sept, encore le chiffre magique. J’imagine la tête d’un chat devant une huître ouverte. Comment se comporte-t-il ?
Le patron du Coin Cuisine est vivant, direct, pince sans rire et sérieux. Il est toujours prêt à donner son avis. Je l’ai bien aimé. Lui se blesse avec la protection des couteaux. Il m’a montré ce couteau à grosse lame, au manche très large et très lourd qui tient bien quand on le serre fermement par la lame, et donc si le manche est petit, il y a du jeu dans la paume. Le manche est vraiment très épais. J’ai acheté celui-là.

Toute cette affaire d’huîtres, puis l’achat du couteau, c’est comme l’incursion dans une autre dimension. J’ai des huîtres dans mon bac, le couteau est là. Je ne l’es ai pas mangées hier soir, il était trop tard. Ce soir peut-être.

L’huître
L’huître, de la grosseur d’un galet moyen, est d’une apparence plus rugueuse, d’une couleur moins unie, brillamment blanchâtre. C’est un monde opiniâtrement clos. Pourtant on peut l’ouvrir : il faut alors la tenir au creux d’un torchon, se servir d’un couteau ébréché et peu franc, s’y reprendre à plusieurs fois. Les doigts curieux s’y coupent, s’y cassent les ongles : c’est un travail grossier. Les coups qu’on lui porte marquent son enveloppe de ronds blancs, d’une sorte de halos.
A l’intérieur l’on trouve tout un monde, à boire et à manger : sous un firmament (à proprement parler) de nacre, les cieux d’en dessus s’affaissent sur les cieux d’en dessous, pour ne plus former qu’une mare, un sachet visqueux et verdâtre, qui flue et reflue à l’odeur et à la vue, frangé d’une dentelle noirâtre sur les bords.
Parfois très rare une formule perle à leur gosier de nacre, d’où l’on trouve aussitôt à s’orner.

Francis Ponge, Le Parti pris des choses, 1942

| 12.07.2006

Voyages

Une excellente librairie dédiée au voyage à Paris : L’Astrolabe : 46 rue de Provence, Paris 9e, près des Galeries Lafayettes. Librairie indépendante bien remplie et sympathique.

Une liste des librairies de voyage à Paris

Pour les langues, il y a Attica, une libraire présente en ligne dont le magasin est 106 bd Richard Lenoir, Paris 11e, près de la place de la République.

Cet été, randonnée avec un âne ! Pour vous lancer aussi dans cette merveilleuse aventure : Ane et Rando, et bourricot.com

Autre lien utile : le site de la Fondation des Monastères si vous avez besoin d’un temps de repos ou de retraite.

| 18.06.2006

Bénévolat

Le site espacebenevolat.org est un portail qui permet de trouver des associations parisiennes et d’Ile de France (plus de 600) dans lesquelles vous pouvez vous engager en tant que bénévole. Le site comporte un moteur de recherche d’association et d’engagements recherchés.
L’association Espace Bénévolat, née de la fusion du Centre de Volontariat de Paris, de Solidarnet et de Coeurs à Lire, peut aussi être jointe par téléphone au 08 21 21 08 08 pour s’informer et obtenir des coordonnées d’associations, ou dans 11 antennes parisiennes dont les adresses sont disponibles sur le site, sans rendez-vous.

| 27.05.2006

Sprague-Thomson

Ce samedi, la RATP, et probablement l’association ADEMAS (Association d’Exploitation du MAtériel Sprague), faisaient rouler une rame Sprague-Thomson sur la ligne 10, entre Boulogne et Gare d’Austerlitz. Les quelques clichés que j’ai pris sont peu intéressants en regard de ceux de ce matériel, disponibles sur internet. Notamment de par leur mauvaise qualité. J’en reproduis malgré tout quelques uns ici.
Je ne pensais pas faire de photos, et j’ai pris mon appareil par habitude. Je préfère en général vivre l’expérience au lieu de la photographier, mais l’expérience s’est révélée forte et émouvante, et j’ai voulu en garder une trace.

Arrivée en station

Arrivée en station

Attention au départ

Attention au départ

Je suis descendu à la station Emile Zola, et par chance, j’étais dans les horaires. En effet, comme seule une rame circule, il faut se trouver au bon moment pour la prendre au passage. Les heures de passage étant affichées dans la petite salle d’échange de la station, j’ai attendu patiemment la passage de la rame. Elle fut annoncé au haut-parleur : “matériel historique de la RATP”. De station en station, la date de mise en service variait dans ces annonces.
La rame était composée de voitures de deuxième classe vertes, avec sièges intérieurs en bois, et une voiture rouge avec sièges rembourrés. Je me suis vite senti ému par l’impression que me donnaient ces luxueuses et élégantes voitures d’un autre temps, pas si lointain puisque la dernière rame Sprague a été mise hors service en 1983. J’ai ressenti un grande impression de beauté et de patrimoine, et sans doute cette émotion était accrue par les connaissances que j’ai acquises dernièrement sur le métro, dans le but de me documenter pour un projet personnel.

Pour moi qui prend le métro quotidiennement, j’entrais dans un autre monde, et les visages, la surprise, le plaisir des voyageurs qui passaient un moment dans cette rame étaient merveilleux.

Ayant fait l’aller en deuxième classe, j’ai repris à la station Gare d’Austerlitz la même rame au retour, dans la voiture de première classe cette fois.

Il y a des rames Sprague au musée des transports (AMTUIR), rénovées par l’ADEMAS, mais le musée est en “déménagement” et donc pour l’instant fermé au public. La RATP organise régulièrement ces événements sur des lignes différentes. Tenez-vous au courant, cela en vaut la peine.

sur l’ADEMAS
Nouveau site de l’ADEMAS, avec des photos
Photos d’un voyage nocturne avec l’ADEMAS
Site avec photos sur le matériel Sprague-Thomson
Un site sur les stations fermées du métro de Paris
Des photos du matériel de l’AMTUIR.

| 19.02.2006

Restaurants du 9ème

Dans le neuvième arrondissement, dans une petite rue s’échappant du Boulevard Poissonnière, juste à un pas du métro Grands Boulevards, le Petit Tonneau est un restaurant traditionnel où on retrouve une ambiance chaleureuse et presque familiale comme je les aime. Petits vins gouleyants, patrons adorables, desserts qui tiennent bien au corps, le déjeûner devient un moment précieux.
Pour l’instant, ouvert uniquement à midi, mais le patron me disait penser à peut-être ouvrir le jeudi soir.
8, rue de Rougemeont, 75009 Paris

Pas bien loin, dans la rue d’Hauteville, l’Antik Café est aussi un bistrot genre brasserie où on déjeûne bien. Encore une mention pour le dessert: je me souviens encore après quelques semaines d’un fondant au chocolat qui avait fait ma journée. Comme le dessert est visible sur le frigo près de l’entrée, vous pouvez déjà en apprécier la perspective en entrant.

| 01.02.2006

Vins italiens

Les français sont chau…vins. Il est assez difficile à Paris de trouver des vins étrangers, en tout cas bien plus qu’en Suisse. La plupart des marchands de vins vendent principalement des vins français, et les supermarchés ont un choix étranger assez limité.

Comme je suis assez amateur de vins italiens, j’ai cherché et trouvé un marchand de vin spécialisé dans l’Italie. Ca s’appelle Idea Vino, dans le 11ème arrondissement. Selon leur dire, il s’agit du plus grand choix de vins italiens hors d’Italie. Leurs crûs sont bons, je regrette un choix plutôt restreint de grappas (ça n’a pas l’air de plaire beaucoup aux français ?). A la caisse, deux charmantes italiennes comme on les connaît : grandes brunes loquaces à la voix qui porte.
88, avenue Parmentier Paris 11e

| 17.01.2006

Herboristerie du Palais Royal

Passé à l’Herboristerie du Palais Royal pour refaire mon stock de tisanes. Une très belle herboristerie traditionnelle au choix très important et à l’accueil sympathique et compétent. C’est une petite boutique bourrée de sachets de plantes dans la Rue des Petits Champs, pas bien loin de l’opéra. Pour ce que j’ai pu en goûter jusqu’à maintenant, la qualité de leurs plantes est excellente.
11, rue des Petits Champs, 1er arr.

En passant par là, j’ai suivi la rue Saint-Honoré. J’y ai entrevu une boutique de vinyls principalement électronique nommée le Dancefloor Shop. Il faudra que j’y aille jeter un oeil. Un peu plus loin, quelques bistrots chics et boisés qu’il faudra aussi essayer, notamment le Bistrot Victoire, rue de la Vrillière, et le Bistrot Vivienne, à la rue des Petits Champs.

| 04.12.2005

Sesto Senso

Un restaurant sympathique, assez discret par son absence de vitrine et sa situation dans une rue secondaire, cosy parce qu’on n’y voit pas la rue. Une vraie cuisine italienne, sans carte, juste les menus du jour, tenu par une vraie italienne, pas la version mamma, mais la grande brune à la voix un peu cassée, chahuteuse et directe, qui monte la radio sur les chanteurs à femmes. Bonne cuisine et ambiance libérée.

Sesto Senso, Gastronomia Italiana
4, rue de l’Echiquier, 75010 Paris
01 42 46 89 19

Powered by WordPress
Tous les textes originaux : © Rudi Bruchez aux dates de publication